Le Petit Vaporiste

La Filmo de Galileo

A défaut d’être un genre à part entière du cinéma, on ne peut réellement parler de film Steampunk. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’il y a un peu de Steampunk dans certains films. Je vous propose donc d’explorer…

A défaut d’être un genre à part entière du cinéma, on ne peut réellement parler de film Steampunk. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’il y a un peu de Steampunk dans certains films. Je vous propose donc d’explorer où se cache ce genre qui nous rassemble ici à travers une liste de longs métrages à venir.

Quelle plus belle machine à voyager dans le temps que le cinématographe pour partir à la découverte de ces pépites !

Alors pour inaugurer cette rubrique, je ne pouvais choisir qu’un seul film. Le film qui rassemble, à mon sens, le plus de thématiques Steampunk, à ce jour. Je veux bien sûr parler du film de Georges Pal de 1960, La Machine à explorer le temps (The Time Machine), lui-même inspiré du roman éponyme de Herbert Georges Wells, sorti en 1895.


Poster du film par William Reynold Brown (1960) – Source de l’image : Wikimedia (domaine public)

Œuvre fondatrice de la science-fiction ; le roman et le film partagent tant de points communs avec notre univers, bien que le terme Steampunk n’apparaisse qu’à la fin des années 1980.

Pourquoi mettre ce film et les autres à venir dans votre cinémathèque personnelle ? C’est la question que vous vous posez. Pour y répondre, plutôt que de vous proposer un point de vue ou une critique, que vous seul/e pourrez vous faire, je vais, à la manière d’un chercheur, passer ce film au spectroscope steampunkien pour en analyser ses caractéristiques.

Retrouve-t-on ici les principaux piliers du Steampunk ?

L’esthétique victorienne : oui

Le film se déroule à la fin du XIXe siècle, dans l’Angleterre victorienne, période de référence pour le genre. L’architecture, les décors, les costumes et l’ambiance rappellent cette époque, avec ses salons bourgeois, ses usines et ses inventions mécaniques. George, le voyageur, est un inventeur typique de l’ère victorienne, portant redingote et gilet, travaillant dans un atelier encombré d’outils traditionnels.

Le rétrofuturisme et la techno fantasy : oui

Il apparaît ici concentré dans la machine à explorer le temps en elle-même. C’est l’élément le plus déterminant. Contrairement à d’autres films de science-fiction des années 60 qui imaginaient un futur lisse, chromé et plastique, George Pal et son designer Bill Ferrari ont fait le choix inverse. La machine est construite en laiton poli, en cuivre, avec des sièges en velours rouge et des mécanismes d’horlogerie complexes. Elle ressemble autant à une locomotive victorienne miniaturisée qu’à un véhicule futuriste. Là où le romancier Herbert Georges Wells décrivait la machine comme étant moins ornementée, le réalisateur et son designer en ont fait une référence esthétique pour tout le mouvement Steampunk.

C’est la fusion réussie entre technologie futuriste et contexte historique révolu. Georges, l’inventeur, applique la science avancée (le voyage temporel) en utilisant uniquement les matériaux et les techniques de son temps (engrenages, compteurs, électricité naissante).

Tout est apparent. On voit les engrenages tourner, les leviers s’actionner, les volants en rotation. La puissance semble à la fois venir de la mécanique pure et d’une certaine magie, voire poésie, car elle est capable de défier les lois de la physique, ce qui est le cœur de l’esthétique du genre. Elle est aussi le fruit d’un artisanat technologique -qui est totalement plausible, même s’il est fantastique, propre au DIY (Do It Yourself / fait soi-même) qui fait partie des socles du mouvement Steampunk.

L’uchronie et la dystopie : oui

Par l’exploration du futur en l’an 802701, le film propose une uchronie dystopique, avec sa propre évolution technologique où l’humanité s’est divisée en deux espèces : les Eloïs (une élite oisive) et les Morlocks (des ouvriers exploités vivant sous terre). Cette dichotomie sociale est un thème récurrent du genre, qui interroge souvent sur les inégalités créées par le progrès industriel et technologique.

Un mot sur l’inventeur solitaire et visionnaire

Le personnage principal, interprété par Rod Taylor, est un inventeur solitaire et passionné, archétype du génie incompris. Ce type de personnage est central dans le Steampunk, où la science est souvent pratiquée par des marginaux ou des pionniers, que l’on retrouve par exemple dans le personnage du Capitaine Nemo dans 20 000 Lieux Sous Les Mers de Jules Verne. C’est aussi l’esprit du punk en général. Le film montre George travaillant dans son atelier, entouré d’outils, de plans et de prototypes : quand la science se mêle à l’artisanat.

Alors, ce film est-il prêt à intégrer votre cinémathèque ? Avez-vous envie de le (re)voir ? Reste-t-il un film de Science-Fiction classique ou manque-t-il foncièrement de vapeur pour intégrer la petite famille des films Steampunk ?

Si vous hésitez encore, repensez à ce que disait James Blaylock, un des pères fondateurs du genre, quand on lui demandait sa définition du Steampunk. Pour lui, le Steampunk est avant tout une esthétique.

Je pense que sur ce point, cela reste indiscutable car il est devenu une référence absolue pour beaucoup de personnes contemporaines de Wells et de Pal, qu’elles soient écrivaines, artistes ou costumées. Il est donc bien évidemment dans ma cinémathèque, et ce depuis toujours, vous l’aurez compris.

Je m’appelle Galileo Tempo. Je suis né le 15 avril 1564 à Florence en Italie. J’ai un certain âge aujourd’hui et pourtant je ne suis pas immortel. Je vieillis doucement.
Après de longues études à l’ESMT (École Supérieure des Maîtres du Temps), je suis devenu Gardien du Temps.
À ce titre j’ai été témoin des grandes inventions des siècles passés comme l’électricité, la vapeur mais aussi la photographie et bien entendu le cinématographe.
Pour me suivre dans le Fediverse et le Metaverse : https://linktr.ee/legardiendutemps